Pourquoi la rue n’est pas une salle à manger
Deux choses se combinent pour que manger en marchant se remarque au Japon. D’abord, l’aspect pratique : les poubelles publiques sont rares dans beaucoup de rues, donc les emballages n’ont souvent nulle part où aller. Ensuite, l’aspect culturel : beaucoup de gens estiment que la nourriture doit se manger dans un moment qui lui est consacré, pas en faisant autre chose en même temps. Ensemble, ces deux raisons font qu’un sandwich à la main sur un trottoir bondé détonne nettement — même si l’aliment lui-même ne fait pas de saletés.
Les rues et les gares des grandes villes japonaises sont aussi bondées, et les gens s’y déplacent vite. Manger en marchant, c’est risquer davantage de bousculer quelqu’un, de faire tomber quelque chose ou de laisser des traces. La règle consiste en partie à ne pas être cette personne-là dans un espace exigu.
Rue du quotidien = on s’arrête pour manger. Rue de festival = on observe la foule. La règle varie fortement selon le contexte.
Quelques extras utiles
- Peu de poubelles dans la rue — Les poubelles publiques sont rares dans beaucoup de rues japonaises (vous les trouverez surtout dans les konbini, ou sous forme de bacs à bouteilles et canettes à côté des distributeurs automatiques). Si vous mangez en marchant, l’emballage risque de rester dans votre sac le reste de la journée. Encore une raison de manger au stand.
- Les coins « eat-in » des supérettes — Beaucoup de konbini ont un comptoir debout ou des tabourets près de la vitrine pour manger sur place ce qu’on vient d’acheter. Tout à fait normal, c’est conçu pour ça.
- Les festivals sont bien plus détendus — Dans beaucoup de matsuri, manger en marchant fait partie du plaisir. Les stands bordent les rues et beaucoup de gens se promènent avec des takoyaki et des pommes d’amour. Observez simplement la foule et les panneaux sur place.
- L’exception de l’onigiri de minuit — Il arrive que des habitants mangent un snack de supérette en rentrant tard le soir dans un quartier calme, surtout après avoir bu. Si vous devez un jour manger en marchant au Japon, un onigiri à minuit est la version la plus pardonnable.
Vérification rapide
Trois questions pour bien retenir quand la règle s’applique et quand elle s’assouplit.